sortie Cévennes 29 octobre au 1er novembre 2011

Participants

Lionel, Marc, Aurélie, Denis, Nadia, Clément, Eddy,Annabelle, Alessandra, Nicolas G., Nicolas Ri., Laurent, Julien

Samedi 29 octobre 2011

Rendez-vous au club à 8h30. Au CKTSV, les problèmes de réveil n’ont pas droit de cité – à 9h30 nous étions sur la route. Quatre heures de voyage, avec comme fil rouge la recherche de l’eau – coups de fil, analyse des topos, théories et conjonctures plus ou moins fallacieuses, tous les moyens sont bons. Le Tarn, la Tarnon, la Mimente – il manque toujours quelques centimètres à l’échelle. Nous apprenons par la même occasion que le camping dans lequel nous avons réservé les bungalows pour trois nuits fermera le 31 octobre. Suspense pour la dernière nuit, donc.

Le choix se porte sur le Gardon de St Jean, où quelques m3/s sont au rendez-vous – pas beaucoup plus que le minimum.
Deux autochtones s’arrêtent à notre niveau. Ils sont kayakistes. Ils sont beaux. Ils sont jeunes. Ils tentent de nous appâter avec le parcours dit du Canyon de Soucy. « Il y a quatre rapides c’est l’affaire d’une demie-heure, tout passe sans problème. »

Une petite moitié de notre groupe se laisse embobiner. Ils embarquent.
Premier rapide – ils portent.
Deuxième rapide – ils portent (à l’exception des autochtones qui font preuve d’une grâce de danseuse étoile dans leur trajectoire).
Troisième rapide – ils passent. Alléluia.
Quatrième rapide – ils passent, c’est du classe III+ (le « + » étant là pour éviter tout procès en diffamation). Amen.
Bilan : la demie-heure annoncée a pris ses aises, une rumeur insistante se répand dans les rangs des navette boys’n’girls – « il est trop tard, on va pas embarquer, le soleil se couche tôt en cette saison ma petite dame ». Que nenni. On se change, on se recoiffe, on enfile les casques et tout le groupe s’engage dans les 9 km qui suivent – le Haut Gardon de Saint-Jean. Du plat ponctué de rapides allant de « très sains » à « très scabreux ». Des coups de pagaie nets et précis ; des appels médiocres ; des appuis instables et précipités ; des esquimautages ; des bains et des castors. The Full Monty.

On débarque. Cinq minutes plus tard, la nuit tombe. Dix minutes plus tard, on n’y voit plus rien. Rien d’étonnant à tout cela, le CKTSV est tombé dans une marmite de quartz liquide quand il était petit. On a tout de même du mal à faire taire la seconde rumeur qui parcourt les rangs :
— On l’avait bien dit que le soleil se couchait tôt en cette saison il était moins une je vous le dis…
— Viens plutôt charger les bateaux sur la remorque.
— … n’empêche que si on n’avait eu plus de bains je sais pas comment qu’on aurait fait hein parce que c’est dangereux de finir…
— Tiens-moi cet élastique et tire fort dessus.
— … dans la nuit heureusement que Nicolas il avait sa frontale parce qu’autrement je sais pas si je l’aurais fait…
— Tire plus fort.
— … et imagine si quelqu’un avait cassé sa pagaie surtout qu’on n’avait même pas pris la pagaie de secours alors que justement elle est faite pour ça la pagaie de secours…
— File-moi cet E-LAS-TI-QUE.
— … de toute façon on est parti trop tard ce matin MPFFFFFF MPFFF MPFFFFFFFFFFFF !?!!
— VOILA, C’EST COMME CA QU’ON SERT UN ELASTIQUE ! CAPICCE ?

On se change, on se recoiffe – qu’est-ce que ça peut décoiffer le kayak -, on enfile nos tenues de soirée. Direction la Fête de la Soupe à Florac où nous espérons dénicher un petit bol de liquide végétal en guise d’apéro. Mais les stocks sont épuisés, et les troupes affamées. Annabelle rackette un bol à une petite vieille, qui résiste et lui refourgue un verre en plastique à la place – Annabelle est contente quand même -, Eddy trouve un bol par terre. Ils les lavent en amoureux dans une fontaine. Tout cela nous tirerait presque des larmes si nous n’avions pas l’esprit focalisé sur la garbure de Marc qui nous attend au camping. Eddy finit par se faire servir la seule soupe disponible à cette heure – il s’avère qu’il s’agit de l’eau chaude qui a servi à rincer la marmite, heureusement que les hippies n’utilisent pas de produit-vaisselle-plein-de-produits-chimiques-et-de-conservateurs.

Bungalow. Garbure. Miam miam. Joie. Plénitude. Dodo.

Dimanche 30 octobre 2011

Pas de pluie, pas de miracle, le Tarn est au trente-sixième dessous. Le Dourbie concentre les excitations, la Dourbie alimente les fantasmes.

Ils sont six. Ils partent sous le regard humide de leurs compagnes. Elles agitent leur mouchoir en guise d’au revoir. Elles suivent des yeux la silhouette du trafic-neuf-places-rallongé-avec-sa-remorque jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le brouillard matinal.
Très vite, elles oublient leurs hommes partis au front et se tournent vers les quelques hommes – réformés – qui restent au camp. Ces derniers ne le regretteront pas – connectez-vous sur la section adulte du site web pour plus de détails.

Bref, kayak pour les uns, randonnée pour les autres.
Le soir, nous assistons à un véritable battle entre les deux camps. Et chacun de vanter ses prises de risque, ses exploits et ses conquêtes. A l’applaudimètre, les randonneurs mènent largement la danse. Les kayakistes font l’objet de la risée générale à l’évocation de leurs bains-douches et autres bazars-à-bulles. Sans parler des pagaies cassées et de la plaque du caisson perdue (oubliée ?).
De vraies gonzesses.

Les spaghetti d’Alessandra font taire les derniers relents haineux des dourbiistes – il était temps.
Buona notte.

Lundi 31 octobre 2011

[Nous remercions ici le Seigneur d’avoir mis 31 jours au mois d’octobre, sans quoi notre séjour n’aurait duré que trois jours]

Petit-déjeuner, ménage, recherche de gîte pour le soir, analyse des niveaux d’eau sur internet. Direction la vallée de l’Hérault.
Hésitations entre la Vis et l’Hérault.
Les infos glanées à propos de la Vis auprès d’un Docteur ès Vis qui souhaite garder l’anonymat la disqualifient – pas assez d’eau. Ce qui s’avérera faux par la suite, mais ainsi va la vie. (NDLR : songer tout de même à châtier l’apprenti Deep Throat – pour l’exemple).
Hautes eaux pour l’Hérault, nous décidons de faire la partie « touristique » : Aval de Ganges (Le Mazet) => Pont de la D1.
Nous profitons de l’embarquement pour faire agréablement connaissance avec les habitants – fraternité et amour de son prochain.
Nous avions espéré une navigation « volume », des trains de vagues monstrueux et des rouleaux tumultueux. Nous avons rencontré un navigation de classe I à II, quelques vagues et un cadre idyllique pour nous consoler. Un petit air de marathon de l’Ardèche. La rumeur – encore elle – veut que le parcours fasse 25 km. Oh my god.
Après enquête, je suis en mesure d’affirmer que n’avons pas fait plus d’une quinzaine de kilomètres. Seul Nicolas G., habitué aux parcours de plus de quarante kilomètres de par sa pratique du kayak de mer, regrette la brièveté de cette descente et la faiblesse de notre VO2max.

Nuit en gîte. D’une accessibilité exemplaire pour un trafic-neuf-places-rallongé-avec-sa-remorque via la D122. Neuf garçons, quatre filles, treize saucisses à la châtaigne, une purée DIY, une douche, un lavabo, treize lits simples. Assez peu de combinaisons, somme toute.

Mardi 1er novembre 2011

[Nous remercions ici le Seigneur d’avoir créé les Saints, sans quoi il n’y aurait pas de Toussaint, sans quoi notre séjour n’aurait duré que deux jours, car qui aurait posé son lundi si le mardi n’était pas férié ? Je vous le demande.]

Pluie, brouillard et Gorge de Saint Guilhem Le Désert.
Le niveau d’eau tourne autour de 30 m3/s, soit le maximum conseillé sur eauxvives.org (valeur qui ne fait pas l’unanimité sur le forum).
La principale difficulté du parcours se nomme Fer à Cheval – seuls quelques-uns le passent, les autres portent. Le reste de la rivière est magnifique et marmiteux. Entre deux parois siphonnantes, il suffit de rester au centre pour éviter les ennuis.
Nous passons sous un rideau d’eau tiède massant. Un petit peu de bonheur.
Arrivée dans un lac sous une pluie battante – ambiance brumeuse et humide, compromis parfait entre kayak et film noir américain des années 70. Le .357 Magnum de Nico est à l’honneur.

Rentrée à Lyon sous le déluge.
Cette nuit-là, le niveau d’eau monte à 450 m3/s sur l’Hérault. Et deux nuits plus tard, 1600 m3/s.

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