Descente de la Loire – Juillet 2016

Descente de la Loire de Pouilly sous Charlieu (14 km en aval de Roanne) jusqu’à Fourchambault (10 km en aval de Nevers) soit près de 180 km en 9 jours de navigation, du 14 au 24 juillet 2016.

Notre projet était descendre la Loire dans sa partie sauvage en kayak de mer, en itinérance avec bivouac ou camping le long du fleuve, en « mode vacances » (une vingtaine de kilomètres par jour), alliant le kayak, la ballade et la découverte du milieu.

Les étapes :

J1 : Pouily sous Charlieu –Chambilly (16 km)
J2 : Chambilly – bivouac après Bonnand (17 km)
J3 : Bonnand Digoin (22 km)
J4 : Digoin Pierrefite (16 km)
J5 : Pierrefite – Bourbon Lancy (22 km)
J6 : Bourbon Lancy – Thareau (20 km)
J7 : Thareau – Decize (32 km)
J8 : Decize – Imphy/St Eloi (31 km)
J9 : Imphy/St Eloi / Fourchambault (20 km)

L’équipe : 6 participants (Nicolas, Maryvonne, Max, Patrick, Pierre et Claude), certains, des kayakistes confirmés, d’autres des grands débutants, mais partageant tous des rêves de gosses : naviguer bien sûr, mais aussi observer la nature sauvage, pêcher, faire du feu, cuisiner dans la cendre, faire son café au feu de bois, explorer, faire pêter des pétards, se laver dans le fleuve, se baigner… Et bien sûr partager…

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La navigation : Pas de grandes difficultés en cette période. Le débit est moyen (25 m3 ?), mais au fil des jours on constate une baisse du niveau de l’eau. Nous sommes contents de pouvoir « affronter » quelques drossages, quand il y a un peu de courant, mais c’est rare ! Les nombreux méandres de la Loire nous obligent à rechercher les passages où le courant est le plus fort, nous contraignant à « louvoyer » sans cesse entre la rive droite et la rive gauche, afin d’éviter de poser le kayak sur une gravière.
Deux étapes dépassent les 15-20 km habituels qui constituent notre rythme de croisière ; heureusement le courant, même faible, nous aide lors de ces étapes un peu plus longues. Nous naviguons en moyenne 5 heures par jour. Nous avons fait quelques exercices (bacs, reprise de courant) lorsque cela se présentait, et notamment au bec d’Allier.
Quelques passages « délicats » :
– Decize : Descente des bateaux (vides) à la corde puis portage sur quelques dizaines de mètres (passage escarpé sur de gros cailloux)
– Digoin : nous avons dû passer les bateaux chargés « à la cordelle », opération assurée par 3 d’entre nous
– En aval de Digoin : affleurement naturel, passage à la cordelle après avoir dû aider les embarcations allemandes, canots plus volumineux que nos fins kayaks.
– Nevers : déchargement de bateaux et portage sur une centaine de mètres.

Le ravitaillement : Nous nous sommes ravitaillés 3 fois : à Digoin, à Bourbon Lancy et à Decize (au camping). Il est important de bien anticiper aussi bien pour la nourriture que pour l’eau.

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Les paysages : Assez variés au fil de notre progression, la Loire creuse son lit vers le nord dans une couche d’éboulis et d’alluvions, de sables et d’argiles ; peu de relief. Des gravières, des falaises de sable certaines d’une dizaine de mètres de haut, ornées des nids d’hirondelles de rivage.

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La faune : Tout au long de la Loire quelques chevaux, quelques ânes mais surtout de nombreux troupeaux de vaches, des charolaises, au bord du fleuve, qui nous enviaient et aurait bien aimé, elles aussi, prendre le large… Il y a aussi ceux qui ont vu le castor, et plus nombreux, ceux qui auraient aimé le voir !
Nous avons pu observer des oiseaux surtout, beaucoup d’oiseaux, des aigrettes, des cigognes, des hérons cendrés, des colonies d’hirondelles de rivage, le milan noir, le pic Epeichette, le chevalier guignette, le cul blanc, le petit graveleau… les sternes et leur spectaculaire plongeon en piqué (de près de 15 m de haut) pour tenter de pêcher un poisson. Et les vols de vanneaux, magnifiques oiseaux noirs et blancs dont le vol est de ceux qu’effectue la patrouille de France !
Il y avait aussi les libellules accouplées, par deux.
Et puis des poissons, ceux que l’on pouvait voir, sous les kayaks, quand l’eau était claire, et ceux que notre pêcheur a retiré du bout de sa canne : les chevesnes, le silure de près de 4 kg. Il y a aussi eu le sandre baladeur… mais ça, c’est une autre histoire !
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La flore : Durant toute la première partie du parcours, nous avons navigué sur une Loire toute fleurie de Myriophylle aquatique ; nous avons aussi constaté les dégâts de la renouée du Japon, plante invasive qui colonise dangereusement les berges de la Loire. Quelques arbres : surtout des saules et des peupliers.

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Les bivouacs : Nous avons campé 3 fois dans un camping, mais la plupart du temps nous avons préféré le bivouac, plus sauvage, même si les routes n’étaient jamais très loin. Beaucoup de calme et une belle impression de liberté sur les îles de la Loire.

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Un peu de culture :
Visite de Charlieu avec ses maisons à pans de bois datant du XIIIème au XVIIIème siècle, et son abbaye datant du 9e siècle
Visite de l’ « Observaloire » de Digoin, musée pédagogique sur le fleuve Loire qui nous raconte son histoire, sa marine, son écosystème, ses canaux. Et une très belle exposition de photos sur les libellules.
Le pont canal de Digoin qui permet au canal latéral à la Loire de franchir la Loire et de se connecter un peu plus loin avec le canal du Centre. Accessible aux bateaux et aux piétons.
St Aubin : recherche du château fantôme que nous ne visiterons jamais !

En guise de conclusion, la Loire c’est une histoire de bec !
Rassurez-vous, point de blanc-bec dans cette aventure ligérienne ! Nous n’étions tous autant que nous sommes, ni jeunes, ni vraiment novices et encore moins prétentieux !
C’est ailleurs qu’il faut rechercher le bec. Il y a d’abord les becs de tous ces oiseaux que nous avons pu observer : le bec effilé du pic épeiche, le bec pointu de l’aigrette, le petit bec brun de l’hirondelle de rivage ; il y a aussi le « beau bec » que Patrick rêvait de pêcher, ce sera pour la prochaine fois ! Il y a aussi (et surtout) le bec d’Allier, confluence de la Loire et l’Allier, classé Natura 2000, que nous avions un peu fantasmé, mais qui est un sacré bec tout de même ! Et puis parfois, quelques prises de becs ! Eh oui, la Loire, c’est vraiment une histoire de bec !
Rendez-vous l’an prochain pour la suite du parcours !

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